La loi portant réforme de l’impôt des personnes physiques a été votée ce 9 juillet 2026
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Le 9 juillet 2026, la Chambre a adopté le premier volet de la grande réforme de l'impôt des personnes physiques (IPP) portée par le ministre des Finances Jan Jambon. Une étape importante de l'accord de gouvernement fédéral, qui va progressivement modifier le calcul de votre impôt jusqu'en 2031. Parallèlement, un autre chantier avance en coulisses : la réforme de la pension libre complémentaire pour indépendants (PLCI). Tour d'horizon de ce qu'il faut retenir.
La mesure phare : plus de revenu exonéré d'impôt
Le changement le plus visible concerne la quotité exemptée d'impôt — la tranche de revenus sur laquelle vous ne payez aucun impôt. Elle passe progressivement de 10.910 € aujourd'hui à 14.450 € en 2030, puis à 15.600 € en 2031 (ce dernier montant devant encore être confirmé par le prochain gouvernement).
Concrètement, une plus grande partie de votre salaire échappera à l'impôt. Bonne nouvelle pour les travailleurs — un peu moins pour les pensionnés et bénéficiaires d'allocations, chez qui cet avantage sera compensé par une baisse des réductions d'impôt dont ils bénéficient déjà. Un arrêté royal doit par ailleurs adapter le précompte professionnel, afin que l'effet se ressente directement sur votre fiche de paie mensuelle plutôt qu'au moment de votre avertissement-extrait de rôle.
Familles : des règles qui évoluent
Les suppléments accordés pour les enfants à charge sont revus pour plus d'équité entre familles. D'ici 2029, chaque enfant parmi les deux premiers à charge ouvrira droit au même supplément, fixé à 2.650 € par enfant — une harmonisation progressive qui profite surtout aux familles avec un ou deux enfants.
En parallèle, le quotient conjugal — qui permet à un couple dont l'un des partenaires a peu ou pas de revenus de réduire ses impôts — est appelé à disparaître progressivement. Son montant maximal sera réduit de moitié d'ici 2029 pour les couples non pensionnés, avec une sortie beaucoup plus douce, étalée sur vingt ans, pour les couples pensionnés.
Le travail mieux valorisé
Plusieurs mesures visent à rendre le travail plus attractif :
• Les heures supplémentaires volontaires exonérées d'impôt passent à 360 heures par an (450 dans l'horeca), réparties entre heures sans sursalaire et heures avec sursalaire.
• Le bonus fiscal à l'emploi augmente nettement pour les bas salaires : la composante « très bas salaire » grimpe de 52,54 % à 63 %, puis à 72 % dès 2029.
• Le revenu d'intégration (RIS) devient imposable de principe, en tant que revenu de remplacement.
Indépendants et dirigeants d'entreprises également concernés
Le texte n'oublie pas les entrepreneurs : la rémunération minimale exigée d'un dirigeant pour bénéficier du taux réduit à l'impôt des sociétés passe de 45.000 € à 50.000 €, et les avantages de toute nature calculés forfaitairement (voiture de société, options sur actions, logement gratuit…) seront désormais plafonnés à 20 % de la rémunération, évalués globalement par catégorie (travailleurs d'un côté, dirigeants de l'autre) plutôt qu'individuellement. En cas de dépassement, la sanction diffère selon le cas : pour les travailleurs salariés, une cotisation distincte de 7,5 % — non déductible — s'applique sur l'excédent et est à charge de l'employeur ; pour les dirigeants d'entreprise, c'est la société elle-même qui perd l'accès au taux réduit à l'impôt des sociétés et retombe sur le taux plein de 25 %. Le secteur informatique, lui, retrouve l'accès au régime fiscal avantageux des droits d'auteur.
Et la pension des indépendants dans tout ça ?
Autre dossier, distinct de la loi IPP mais tout aussi concret pour les indépendants : la réforme de la PLCI (pension libre complémentaire pour indépendants), encore à l'état d'avant-projet de loi.
Les plafonds de cotisation, inchangés depuis des années, devraient augmenter :

Autre nouveauté attendue : les indépendants à titre complémentaire pourront eux aussi souscrire une PLCI (sociale), pour peu qu'ils cotisent sur un revenu d'au moins 1.922,16 € par an — sans plus devoir justifier d'une durée d'activité minimale. Ce texte n'est pas encore définitivement voté ; une entrée en vigueur au 1er avril 2026, avec effet rétroactif, est envisagée.
Pourquoi un suivi patrimonial constant reste indispensable
Ces réformes s'étalent sur plusieurs années, avec des paliers différents selon les mesures, des dates d'entrée en vigueur parfois décalées, et certains montants encore soumis à confirmation par un futur gouvernement. Autrement dit : la photographie fiscale d'aujourd'hui ne sera plus la même dans six mois, et encore moins dans trois ans.
Que vous soyez salarié, dirigeant d'entreprise ou indépendant, votre situation patrimoniale mérite d'être réexaminée régulièrement à la lumière de ces évolutions : quotité exemptée, quotient conjugal, plafonds de la PLCI, avantages de toute nature… chaque paramètre modifié peut changer l'équation qui optimise votre épargne, votre pension complémentaire ou votre rémunération. Un suivi patrimonial constant, avec un accompagnement professionnel adapté à votre profil, reste donc la meilleure façon de transformer ces changements législatifs en opportunités plutôt qu'en mauvaises surprises.
Rédigé le 14 juillet 2026 par l'équipe d'OPTIVY




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